2005
collection &
208 pages
13x19 cm
18 euros
isbn
2-84761-094-4
Une
biographie sobre et méthodique s’appuyant sur
les écrits et témoignages de Marcel Duchamp
lui-même. Un livre de référence pour mieux
comprendre l’œuvre de l’un des artistes les
plus importants du XXe siècle.
Du futurisme à Fluxus, de Dada au nouveau réalisme,
Marcel Duchamp a traversé, anticipé ou influencé
la plupart des courants artistiques du XXe siècle,
et ne cesse, aujourd’hui, d’être la référence
des artistes les plus novateurs. Citant abondamment les écrits
et témoignages de Duchamp lui-même, Marc Partouche
propose ici la biographie méthodique de celui dont
André Breton disait : « C’est l’homme
le plus intelligent du siècle »…
Année par année, ce livre offre l’énumération
synthétique des faits et gestes de l’un des pères
des avant-gardes : ses voyages, son travail, ses œuvres,
ses expositions, les artistes avec lesquels il a collaboré,
les hommes et les femmes qu’il a connus ou côtoyés.
La grande originalité de cet ouvrage réside
dans le fait que l’ensemble des commentaires, analyses,
réflexions et éclairages sur sa vie et son œuvre
sont de Marcel Duchamp lui-même : le récit purement
événementiel de Marc Partouche s’enrichit
de très nombreuses citations tirées des écrits,
lettres et entretiens de Marcel Duchamp. À souligner
également : la très riche iconographie
(plus de cinquantes photographies – œuvres, portraits
de Duchamp par Man Ray…).
Marc Partouche (docteur en histoire
de l’art et esthétique) est historien et théoricien
des arts et de la culture contemporaine. Il conduit en même
temps une carrière de haut fonctionnaire au ministère
de la Culture et diverses activités au service de l’art
vivant : organisation d’expositions, création
et diffusion de revues et de magazines, création et
direction de collections d’ouvrage. Il donne actuellement
des cours d’histoire de l’art à l’ENSI
(Paris 11e). Dans le même mouvement, il développe
un travail de recherche et d’écriture dans la
proximité et en complicité avec les artistes
: publication d'articles, textes de catalogues, ouvrages d’artistes,
et des livres, parmi lesquels La Lignée oubliée.
Bohèmes, avant-gardes et art contemporain de 1830 à
nos jours (Al Dante, 2004) ou L’Album primo-avrilesque
d’Alphonse Allais (Al Dante, 2005), dont il a rédigé
la postface.
Une première version de Marcel Duchamp. Une vie d’artiste
a paru en 1992 chez IEM éditions.
MANUELA MORGAINE & WILLIAM DE CARVALHO Wpyché.
Idées noires et angles morts
2005
136 pages
13x17 cm
16 euros
isbn
2-84761-097-9
Fragments de paroles de mélancoliques, les
mots que retranscrit Manuela Morgaine témoignent d’une
recherche de l’expression la plus juste en dehors de
tout projet littéraire ou artistique. Une fascinante
recherche du comment dire oscillant entre spontanéité
et long mûrissement – tant à rire qu'à
pleurer.
Pendant des mois, Manuela Morgaine a recueilli les paroles
de patients notées par William de Carvalho, psychiatre,
pour tenter de trouver la syntaxe et la cadence de la mélancolie,
« l’anatomie unique de son langage ».
Sujet littéraire s’il en est, la mélancolie
se caractérise notamment, en termes médicaux,
par le fait que le sujet mélancolique évalue
mal la précision de ses perceptions et l'exactitude
de sa pensée ; même confrontés à
l'évidence, les mélancoliques continuent à
vivre dans leur « néoréalité ».
Manuela Morgaine a travaillé à partir des notes
prises par William de Carvalho lors de consultations, parmi
lesquelles elle a choisi les expressions les plus surprenantes,
les métaphores les plus frappantes mais aussi les rapprochements
récurrents. Aux paroles de mélancoliques se
mêlent les commentaires ajoutés sur le vif par
le médecin : on passe ainsi du « je » au
« il », des phrases de ceux qui tentent de dénouer
leurs maux aux remarques qu’elles suscitent chez celui
qui écoute. En résulte une parole hybride, une
somme de mots-dits excessifs, témoignages anonymes
de la confrontation souvent violente avec une douleur d’autant
plus grande qu’elle paraît indicible : «
Manuscrits faits d’extraits de mots des autres. Tant
à pleurer et à rire. Impossible à inventer.
[Manuela Morgaine] »
Manuela Morgaine, metteur en scène-scénographe,
réalisatrice et écrivain, a fondé et
dirige Envers Compagnie (théâtre) depuis 1991.
Prix de Rome en scénographie en 1994. Auteur de plusieurs
récits et pièces de théâtre, pièces
radiophoniques, ainsi que de contes pour enfants.
William de Carvalho est médecin psychiatre, en exercice
libéral à Paris, ancien praticien hospitalier
à l’hôpital Sainte-Anne à Paris
; médecin coordonnateur du Pôle ECT (électroconvulsivothérapie)
pour la Maison de Santé de Bellevue à Meudon
et la Clinique du Château de Garches depuis 2002, membre
de l’Association Française de Psychiatrie Biologique.
ALAIN
FRONTIER Portrait
d'une dame
2005
324 pages
+ cahier photos 8 p.
Marie-Hélène Dhénin
15x21 cm
25 euros
isbn
2-84761-081-2
Les
paroles d’une femme notées pendant trois ans
par l’homme qui vit à ses côtés.
Cette parole piquée au vif, prise à la volée,
constitue un portrait aussi neuf que personnel, étrange
et familier.
Pendant trois trois ans, du mois de janvier 1982 au 27 décembre
1984 à 11 h 01, un auteur note les paroles de son modèle.
Ce portrait est sous-titré : « Fiction d’après
les paroles de Marie-Hélène Dhénin ».
Le modèle est ainsi identifié à une personne
réelle, en même temps que l’ensemble du
livre est ancré dans le mensonge littéraire.
Alain Frontier s’attache avec une impressionnante constance
à marquer la relation entre le réel et le récit
qui peut en être fait, entre le verbe dit et la parole
écrite. Il réactive ainsi avec une simplicité
et une acuité inédites les questions posées
avant lui par des écrivains comme Sterne ou le Diderot
de Jacques Le Fataliste. Mais ici, l’auteur se libère
des abstractions théoriques et donne à entendre
une parole spontanée, à la fois personnelle
et familière. L’écrivain extrait du monde
qui l’entoure les mots précieux d’un être
aimé dans leur beauté abrupte et atypique, et
donne à lire ce que la parole garde de sauvage après
avoir été écrite.
« “Les paroles”, dit le modèle, “sont
les seules choses qui nous appartiennent, et toi, tu m’en
dépossèdes.” Bribes arrachées au
flux d’une parole (amitiés, paysages, lectures,
épopées domestiques, aphorismes et sentences),
prélèvements de ce qu’une voix, au fil
des heures, profère, voici un livre intégralement
cité et minuté. Sa radicalité est dans
la violence douce du rapt, dans l’alignement a-pathique
des coupons. C’est quelque part du côté
du ready-made (découpage et encadrement), du cut-up
in vivo, de la tranche de langue plutôt que de la tranche
de vie, du vol, à la langue, d’une autre langue
qui en tire, du coup (le modèle est photographe), le
portrait : l’écriture toute crachée. [Christian
Prigent.] »
Alain Frontier (né en 1937 dans
la banlieue parisienne), poète, grammairien et revuiste,
est l’une des figures incontournables de la littérature
d’avant-garde des trente dernières années.
De 1969 à 1978, il a travaillé à la rédaction
et à la fabrication de la revue Cheval d'attaque, dirigée
par Didier Paschal-Lejeune. Il a dirigé, avec la photographe
Marie-Hélène Dhénin, la revue Tartalacrème
(1979-1986). Il a également fait partie du collectif
de la revue TXT de 1986 à 1989. Il dirige depuis 1992,
pour le compte des éditions Belin, la collection «
Sujets », dans laquelle il a lui-même publié
deux essais : La Poésie (1992) et La Grammaire du français
(1997). Outre des ouvrages théoriques et pédagogiques,
il a publié des ouvrages de fiction et de poésie
ainsi que des adaptations de textes persans et des livrets
d’opéra. Des extraits de Portrait d'une dame
ont été publiés par le collectif TXT
en 1987 (avec la collaboration photographique de Marie-Hélène
Dhénin).
]SERGE
GAVRONSKY Après Flaubert. Hip
Hop Poèmes
2005
104 pages
15x21 cm
15 euros
isbn
2-84761-082-0
Des textes explosifs qui font voler le monde en éclats.
Guerres, capitalisme et œuvres d’art : Serge
Gavronsky pointe la beauté comme la trivialité
pour dire l’histoire, ses insuffisances et ses excès,
et ce que peut en dire et en faire la littérature…
après Flaubert.
« Choisissez un ou plusieurs mots […] ces mots,
devenus porte ouverte, vous invitant à faire sur cette
table en papier votre image en paroles. » Les Hip Hop
Poèmes de Serge Gavronsky s’enchaînent
sur le mode d’une « breakdance ». Le corps
du texte construit un langage personnel où la syntaxe
est réduite à son minimum. Les mots se succèdent,
serrés comme des graffitis, inscriptions ouvrant l’espace
à la licence poétique. Noms, verbes et adjectifs
sont juxtaposés, les liens sémantiques et lexicaux
se nouant non pas entre, mais au-delà des mots –
du travailleur à l’ectoplasme, du frigidaire
à Fragonard, des sadomasos aux référendums…
Ce patchwork langagier donne à lire le tout du monde
émietté par un écrivain acharné
à tarir la langue, sans artifices stylistiques, par
énumération. L’écrivain procède
ainsi à un évidement du dire, exhibant jusqu’au
silence, l’aphasie de la page blanche ostentatoirement
laissée à la discrétion du lecteur :
« Allez-y maintenant. Maintenant à vous cette
page. »
Partant de désastres ou de futilités, la langue
plurielle des Hip Hop Poèmes se construit à
partir de références historiques, politiques,
personnelles et artistiques. Ces paroles sérielles
se dressent en un efficace procès verbal : une poésie
performative où « tout se termine en ligne directe
comme une mèche près de la dynamite ».
Serge Gavronsky, né à Paris, a quitté
la France pendant la deuxième guerre mondiale. Il vit
et travaille à New York. Diplômé de l’université
de Columbia, dont il a dirigé pendant 26 ans le département
des études françaises, il y enseigne la littérature
française contemporaine, et plus particulièrement
la poésie.
Auteur de romans, de critiques littéraires (Mallarmé
spectral ou Louis Zukovksy au travail, La Main courante, 1998
; Francis Ponge à New York, La Main courante, 2001…),
de traductions (français-anglais et anglais-français),
et de nombreux textes de poésie. A publié Une
toute autre histoire chez Al Dante en 2002. Participe également
à de nombreuses revues et conférences françaises
et américaines.